Méditer est en vogue, en témoignent les rayons de librairie entiers remplis de livres traitant du thème. Cette pratique intéresse les psys, qui en ont fait un outil thérapeutique qu’ils proposent parfois à leurs patients. Elle intrigue les chercheurs, qui publient un tas d’articles sur le sujet. A les croire, la pratique régulière de la méditation diminuerait le risque de rechute dépressive, améliorerait la gestion du stress et des douleurs chroniques, préviendrait les addictions, et doperait les capacités attentionnelles, et ce, à tout âge de la vie (voir cet article pour une revue récente de la littérature sur les bienfaits de la méditation).

Vous êtes peut-être, tout comme moi, plutôt sceptiques au départ. En quoi le fait de consacrer quotidiennement 20 à 40 minutes de son temps à ne RIEN faire pourrait être utile, quand on ne sait plus où donner de la tête, quand on peine à trouver l’énergie pour affronter tâches ménagères et journées de travail ?

Vous êtes peut-être, au contraire, motivés à essayer, persuadés que cette pratique va vous aider à aller mieux, à résoudre vos problèmes. En réalité, si vous vous lancez, vous risquez d’être déçus. Car la méditation ne changera pas vos problèmes. Elle vous aidera plutôt à changer votre rapport aux problèmes. Pratiquer la méditation régulièrement, c’est accepter l’expérience vécue, plaisante ou déplaisante. C’est apprendre à lâcher prise, à ne plus être dans l’action, mais dans l’observation. C’est s’entraîner à repérer les pensées automatiques, et s’en distancer.

Méditer n’est pas en soi une expérience agréable ou désagréable. Et contrairement à la relaxation, le but de cette pratique n’est pas d’accéder à la détente (même si parfois, c’en est la conséquence), mais d’observer les sensations qui se présentent à vous, sans les juger.

Comment faire si l’approche vous intéresse, mais que vous manquez de temps, d’énergie et de motivation pour vous y mettre sérieusement ? Personnellement, je ne pratique pas la méditation de façon régulière, même si j’aimerais y arriver, un jour. En attendant, je cherche à pratiquer quotidiennement de façon informelle, en m’efforçant d’être plus fréquemment pleinement consciente de l’instant présent, d’affuter mes sens et de développer mes capacités d’observation. J’essaie de pratiquer de temps à autre à l’aide de méditations guidées enregistrées ou lors d’ateliers ayant lieu le weekend. Cela me permet déjà d’avoir un autre regard sur les événements que je vis au quotidien, de fonctionner moins souvent en pilote automatique.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez commencer par vous procurer un ouvrage traitant du sujet et proposant des exercices de méditation guidée. Pour n’en citer que quelques-uns :

Méditer pour ne plus stresser (Williams, Teasdale, Segal, Kabat-Zin, 2011)

Méditer pour ne plus déprimer (Williams, Teasdale, Segal, Kabat-Zin, 2009)

Pleine conscience et troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’adulte (Zylowska, 2016)

Et pour les enfants :

Calme et attentif comme une grenouille (Eline Snel, 2012)

Vous pouvez aussi directement vous inscrire à un groupe de méditation guidée, d’orientation thérapeutique ou non, où les échanges entre les participants sont souvent riches d’enseignement. Si vous y allez sans attentes particulières mais avec un esprit d’ouverture et de curiosité, je doute que vous soyez déçus.